On reçoit un SMS ou un mail du labo, on ouvre le lien, et on tombe sur une interface qu’on n’a pas vue depuis six mois. Les résultats sont là, quelque part, mais entre les onglets, les codes et les graphiques, on ne sait plus où regarder.
C’est le quotidien de pas mal d’éleveurs avec Infolabo, le portail laitier de l’interprofession. L’outil est gratuit, synchronisé entre web et mobile, et il donne accès à plusieurs années d’historique. Encore faut-il savoir quoi en faire concrètement.
Ce que le laboratoire envoie vraiment sur Infolabo
Quand le camion de collecte repart avec l’échantillon, le laboratoire interprofessionnel analyse le lait sur plusieurs paramètres : matière grasse, matière protéique, cellules somatiques, germes totaux, et parfois butyriques ou inhibiteurs. Ces résultats ne restent pas dans un classeur au labo. Ils remontent sur Infolabo, en général dans les 24 à 72 heures après le ramassage.
Le point qui change la donne depuis la refonte de 2023 : les résultats se synchronisent en temps réel entre le site web et l’application mobile. On consulte sur son téléphone en salle de traite, on retrouve la même chose sur l’ordinateur le soir. Pas de double saisie, pas de décalage.
Ce que beaucoup d’éleveurs ignorent, c’est que la plateforme ne se limite pas au dernier prélèvement. Depuis la mise à jour, on accède à un historique pouvant remonter jusqu’à cinq ans. C’est là que l’outil prend son utilité : pas dans la lecture d’un résultat isolé, mais dans la comparaison avec les mois précédents.

Alertes personnalisées sur Infolabo : régler ses seuils avant le problème
On a tous connu la situation : un taux de cellules qui grimpe sans qu’on s’en rende compte, parce qu’on n’a pas ouvert la plateforme depuis trois semaines. Le résultat tombe dans le paiement du lait, et c’est trop tard pour corriger.
La refonte 2023 a introduit un système de seuils d’alerte personnalisés. On définit soi-même une valeur limite pour chaque indicateur (cellules somatiques, germes, etc.), et Infolabo envoie une notification push sur le téléphone dès que le seuil est dépassé.
Concrètement, le paramétrage se fait dans les réglages de l’application mobile. On choisit l’indicateur, on fixe la valeur, et on active la notification par push, par mail ou par SMS selon sa préférence. Le réglage prend quelques minutes et évite de devoir vérifier manuellement chaque semaine.
Quels seuils surveiller en priorité
- Les cellules somatiques, parce qu’une dérive progressive passe facilement inaperçue et impacte directement le prix du lait au bout de quelques mois
- Les germes totaux, qui signalent un problème d’hygiène de traite ou de refroidissement, souvent corrigeable rapidement si on le détecte tôt
- Les butyriques, surtout pour les éleveurs livrant à des fromageries, où un dépassement peut entraîner un refus de collecte
Le piège classique : régler ses seuils trop haut et ne jamais recevoir d’alerte, ou trop bas et être noyé de notifications. On recommande de partir des seuils réglementaires de paiement, puis d’ajuster selon son historique personnel visible sur la plateforme.
Lire ses résultats d’analyses de lait sans se perdre dans les courbes
L’interface d’Infolabo affiche les résultats sous forme de tableaux et de graphiques d’évolution. Le réflexe naturel est de regarder le dernier chiffre et de passer à autre chose. C’est une erreur.
La tendance sur plusieurs mois compte davantage qu’un résultat ponctuel. Un taux de cellules à 280 000 peut être acceptable si la moyenne des six derniers mois est stable autour de cette valeur. Le même chiffre devient préoccupant s’il était à 180 000 trois mois plus tôt.
Sur la plateforme, les courbes d’évolution permettent de repérer visuellement une dérive. On regarde la pente, pas le point. Si la courbe monte régulièrement depuis deux ou trois collectes, c’est le moment d’intervenir, même si on est encore sous le seuil réglementaire.
Croiser les indicateurs entre eux
Un pic de germes totaux isolé peut s’expliquer par une panne de tank ou un problème de refroidissement ponctuel. En revanche, si les cellules somatiques montent en parallèle, on est probablement face à un problème sanitaire dans le troupeau qui nécessite une intervention vétérinaire.
Infolabo ne fait pas le diagnostic à votre place. L’outil fournit les données, mais c’est le croisement entre indicateurs et la connaissance de son exploitation qui permettent de prendre la bonne décision.

Accès gratuit et création de compte Infolabo : par où passer
L’accès à Infolabo est gratuit pour les producteurs, sans abonnement ni option payante. L’outil est financé par l’interprofession laitière via le CNIEL. Pas de frais cachés, pas de version premium.
Pour obtenir un compte, on passe par sa laiterie ou sa coopérative. C’est elle qui transmet les informations au CNIEL pour la création de l’accès. On reçoit ensuite un identifiant et un mot de passe provisoire par mail.
- Demander la création de compte directement à son interlocuteur collecte ou qualité à la laiterie
- Vérifier que l’adresse mail transmise est bien celle qu’on consulte régulièrement (c’est elle qui recevra les alertes)
- Télécharger l’application mobile après avoir activé son compte sur le site web, pour que la synchronisation fonctionne dès la première connexion
En cas de mot de passe oublié, la page de connexion d’Infolabo propose une réinitialisation par mail. Les retours varient sur le délai de réception selon les fournisseurs de messagerie, mais la procédure fonctionne sans intervention de la laiterie.
Utiliser l’historique Infolabo pour préparer un échange avec sa laiterie
Quand on conteste un résultat ou qu’on veut négocier un accompagnement technique, arriver avec ses propres données change la discussion. L’historique de cinq ans disponible sur Infolabo permet de montrer une trajectoire, pas juste un mauvais chiffre isolé.
Avant un rendez-vous qualité, on peut exporter ou capturer les courbes d’évolution pour appuyer un point précis. Un éleveur qui montre six mois de stabilité après un épisode de cellules élevées a un argument concret que la laiterie peut vérifier dans le même outil.
Infolabo reste un portail de consultation, pas un logiciel de gestion de troupeau. Il ne remplace ni le contrôle laitier ni le suivi vétérinaire. Sa force, c’est de centraliser les résultats d’analyses dans un format accessible et de permettre une lecture rapide de l’évolution de la qualité du lait, directement depuis la cour de ferme.

